Calendrier de l'avent du domaine public - 2014/2015

Qui s’élèvera dans le domaine public en 2018 ?
Chaque jour de décembre, découvrons le nom d’un auteur dont les œuvres entreront dans le domaine public le 1er janvier 2018.

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Emmanuel Bove

  • dimanche 20 décembre 2015
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  • Dans le DP en

"Il a comme personne le sens du détail touchant" disait de lui Samuel Beckett, qui le citait comme le romancier le plus intéressant de cette génération.

Emmanuel Bove, de son vrai nom Emmanuel Bobovnikoff, naît en 1898 d’un père russe et d’une mère luxembourgeoise, tout deux de milieu modeste. En 1923, sa nouvelle Nuit de Noël (qui deviendra Le Crime d’une nuit) est remarquée par Colette, qui propose à Bove de le publier dans la collection qu’elle dirige chez Ferenczi. Ce sera le roman Mes amis (1924), son premier succès et aujourd’hui encore son texte le plus connu. On y trouve déjà l’univers caractéristique de ses futurs romans : la douce médiocrité du quotidien, les gênes qui tissent les relations humaines, la mesquinerie et la lâcheté ordinaires.

Jusqu’à la Seconde Guerre, il habite surtout à Paris mais également dans les Hauts de Seine, dans le Var et en Gironde. Peu adapté à la vie familiale, il se sépare de sa première femme et de ses deux enfants en 1925, sans un mot. Divorcé, il se remarie avec Louise Ottensooser, une jeune fille de la grande bourgeoisie juive. Il est remarquablement productif entre les années 1925 et 1930 (jusqu’à onze livres de 1927 à 1928...), notamment pour pourvoir aux besoins de son foyer, de celui de son ex-femme, et bientôt celui de sa mère.

En 1928, c’est le temps de la consécration critique : Bove est couronné par le prix Figuière, un prix prestigieux à l’époque, choisi à l’unanimité du jury malgré la concurrence cette année-là de Malraux et Drieu La Rochelle.

Pendant la guerre, il refuse de faire publier ses livres dans la France occupée. Réfugié à Alger avec sa femme en novembre 1942, il y écrit ses trois derniers romans (Le Piège, Départ dans la nuit, Non-lieu). C’est également en Afrique du Nord qu’il contractera le paludisme qui finira par l’emporter en 1945, à l’âge de quarante-sept ans.

Emmanuel Bove est l’auteur d’une oeuvre abondante (plus d’une vingtaine de romans, un grand nombre de nouvelles). Malgré la reconnaissance qu’il reçut de son vivant, cet écrivain qui avait enthousiasmé Max Jacob, André Gide, Rainer Maria Rilke ou Philippe Soupault, tombe dans un oubli relatif après sa disparition. Il est ensuite redécouvert dans les années quatre-vingt, jusqu’à figurer aujourd’hui en bonne place dans le catalogue des collections de poche. Pleinement reconnu par la communauté universitaire, il est volontiers regardé comme un précurseur du Nouveau Roman. Son style dépouillé, neutre, ses phrases courtes, son sens de l’observation microscopique en font une sorte de trait d’union entre le roman d’analyse à la française et certains textes de Nathalie Sarraute ou de Peter Handke (qui jouera plus tard un rôle important dans la diffusion de l’oeuvre de Bove en le traduisant en allemand).

Sous un dehors toujours banal, noire et souvent teintée d’ironie, son oeuvre met l’accent sur la pensée souterraine et sur la difficulté de communiquer. Les derniers textes, décrivant l’Occupation, sont saisissants par leur ambiance paranoïaque. La fin du Piège, probablement l’un de ses plus grands chefs-d’oeuvre, est particulièrement glaçante.

En 2006, Jean-Pierre Darroussin réalise Le Pressentiment, un film adapté du roman éponyme, mettant en scène Jean-Pierre Darroussin, Valérie Stroh et Hippolyte Girardot.

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Article Wikipédia : Emmanuel Bove


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