Calendrier de l'avent du domaine public - 2014/2015

Qui s’élèvera dans le domaine public en 2018 ?
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Thomas Hunt Morgan

par Rayna
  • vendredi 18 décembre 2015
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  • Dans le DP en

Thomas Hunt Morgan était généticien, intéressé à l’évolution. Il a également remporté le prix Nobel de médecine en 1933 pour avoir élucidé le rôle des chromosomes dans l’hérédité. Pour nous qui avions étudié la génétique de l’évolution, Morgan est une inspiration des plus grandes.

En 1886, après son diplôme de l’Université d’État du Kentucky, il entre à l’université John Hopkins, pour y faire sa thèse en zoologie, sur l’embryologie des araignées marines. De 1891 à 1904, Morgan est professeur à l’université Bryn Mawr où il rencontre sa future épouse, Lilian Vaughan Sampson, qui était d’abord son étudiante. À Bryn Mawr, Morgan combine l’enseignement de la biologie avec ses propres recherches en embryologie et zoologie.

1904 est une année marquante pour Thomas Morgan ; les épousailles avec Lilian Vaughan Sampson sont célébrées et les jeunes mariés rejoignent l’Université de Columbia à New York. Morgan devient professeur de zoologie expérimentale, ainsi débutant le chapitre Drosophile de sa vie. Pendant ce temps, le couple naviguera entre New York et la Californie, Lilian Morgan étudiant la régénération des planaires à la station marine de Stanford.

L’intérêt scientifique principal de Morgan est la variation des espèces. Pour ses travaux à l’Université de Columbia, il utilise la mouche de vinaigre, Drosophila melanogaster. Un jour en 1910, les Morgan isole une Drosophile mâle qui avait les yeux blancs. La question se pose alors de savoir ce qui fait que ce mâle a les yeux blancs et non pas rouges comme les Drosophiles les ont usuellement. La « Fly room », soit pièce où se développent les mouches en conditions de laboratoire, était donc l’endroit de prédilection pour découvrir les causes génétiques de cette trouvaille.

Suivant l’approche hypothético-déductive, Morgan entreprend donc de poser les hypothèses pertinentes, de concevoir des expériences qui pourront les valider ou invalider et ainsi de trouver les réponses. À cette époque, l’hérédité mendelienne est redécouverte : les hypothèses et expériences de Morgan s’y fondaient donc. Ainsi, il a d’abord effectué un croisement-test entre la mouche mâle aux yeux blancs et plusieurs femelles aux yeux rouges. Cette expérience avait pour but de vérifier si les yeux blancs pourraient également apparaître dans la prochaine génération, comme le suggèrent les principes de la génétique mendelienne. La génération résultante comptaient cependant uniquement des mouches ayant toutes des yeux rouges. Morgan soupçonnait que le trait « yeux blancs » était toujours présent mais pas exprimé dans les individus de cette génération hybride : ce que Mendel avait décrit comme un trait récessif. Pour tester cette hypothèse, Morgan a ensuite croisé des mâles et des femelles de la cette génération pour observer la réapparition du trait « yeux blancs ». Ce faisant, il a observé un ratio de 3 mouches aux yeux rouges pour 1 mouche aux yeux blancs. Ce résultat est correspond à ce qui est attendu d’après les principes de la génétique mendelienne. Curieusement, cependant, toutes les mouches aux yeux blancs de cette nouvelle génération étaient des mâles, tout comme leur grand-père. Est-ce que les yeux blancs étaient un trait exclusivement réservés aux mouches mâles alors ?

C’est ainsi la première fois qu’une corrélation entre un trait non sexuel (la couleur des yeux) et le sexe des individus est observée. Les réflexions de Morgan et la suite des ces expériences ont confirmé ce que l’on connaît aujourd’hui comme la théorie chromosomique de l’hérédité, à savoir que les chromosomes sont le support physique de la transmission héréditaire et que des caractères physiques particuliers sont portés par des chromosomes particuliers. Par la suite, Morgan, son équipe et son épouse et collègue ont pu démontrer d’autres principes fondamentaux de l’hérédité : la liaison génétiques, le crossing-over et la non-disjonction des chromosomes.

En 1933, Thomas Hunt Morgan reçoit le prix Nobel de Médecine pour avoir démontré la théorie chromosomique de l’hérédité. Il partage le prix avec ses enfants et ceux de ses collègues de longue date, Alfred Sturtevant et Calvin Bridges. Bien qu’il prenne sa retraite officielle en 1941, il continue à travailler au laboratoire jusqu’à sa mort en 1945.

Liens connexes

- Le profil de Thomas Morgan sur le site web des Prix Nobel (anglais)
- Les œuvres de Morgan sur le Projet Gutenberg
- L’explication scientifique (niveau Terminale S) des expériences de Morgan (anglais)


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