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Qui s’élèvera dans le domaine public en 2019 ?
Chaque jour de décembre, découvrons le nom d’un auteur dont les œuvres entreront dans le domaine public le 1er janvier 2019.

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Les 10 commandements

  • dimanche 23 décembre 2018
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Les Dix commandements, Cecil B. DeMille, 1923

1. Tu seras producteur et réalisateur
Né en 1881, Cecil Blount DeMille était un enfant de la balle : son père, Henry, d’abord pasteur, était devenu acteur et auteur dramatique. Son frère aîné, William, devint également réalisateur de films. Peut-être influencé par cette ascendance, Cecil s’engagea dans une carrière théâtrale à Broadway dès la fin des années 1890.

En 1913, Cecil B. DeMille passa à la réalisation cinématographique en s’associant avec Jesse Lasky et Samuel Goldwyn, fondateurs d’une maison de production qui prit le nom de Famous Players Lasky Company. Pour son premier film, Le Mari de l’Indienne (1914), Cecil B. DeMille, à la recherche d’un lieu de tournage, jeta son dévolu sur un endroit promis à devenir un haut lieu de l’industrie cinématographique : Hollywood.

2. Tu choisiras le thème de ton quarantième film après un concours

En 1923, c’est en effet par le biais d’un concours du Los Angeles Times, dont il avait eu l’initiative, que Cecil B. DeMille choisit le sujet de son quarantième film. Selon la légende, il prit sa décision après avoir lu la proposition d’un participant : "« Vous ne pouvez briser les dix commandements. Ce sont eux qui vous briseron »t".

3. Tu réaliseras un film biblique

« Give me any two pages of the Bible and I’ll give you a picture. » (« Donnez moi deux pages de la Bible et je vous donnerai un film »). Cet aphorisme, prêté à Cecil B. DeMille, l’enferme dans une réputation de metteur en scène de films bibliques qui n’occupent en réalité qu’une infime part de sa filmographie. Sur plus de soixante-dix œuvres, seules cinq sont consacrées à des épisodes de l’Ancien ou du Nouveau Testament : Les Dix commandements (1923 et 1956), le Roi des Rois (1927), Le Signe de la Croix (1932) et Samson et Dalila (1949).

4. Tu confronteras deux époques

Dans la version de 1923 des Dix Commandements, l’épisode biblique n’occupe qu’une quarantaine de minutes. A la manière de D. W. Griffith dans Intolérance (1916), Cecil B. DeMille fait le choix de consacrer la deuxième partie du film, près de quatre-vingts minutes, à un récit contemporain dans lequel deux frères, Dan et John McTavish cherchent à séduire la même femme, Mary Leigh.

5. Tu surprendras par ta démesure
En 1923, Cecil B. DeMille voit grand. Il s’inscrit en cela dans la lancée des grandes productions du cinéma muet. En 1912, pour son Quo Vadis, l’Italien Enrico Guazzoni avait fait évoluer près de 5000 figurants. Et c’est plus de 3000 figurants qui peuplaient la Babylone reconstituée par D.W. Griffith dans Intolérance (1916). Dans les Dix Commandements, Cecil B. De Mille fait appel à plus de 2500 figurants et fait construire un décor de près de 40 mètres de haut et de 220 mètres de diamètre pour la ville de Pharaon.

6. Tu étonneras par ton sens du spectacle
Tous les épisodes du récit biblique donnent lieu chez Cecil B. DeMille à des moments d’anthologie. Dans la scène d’ouverture, des milliers d’esclaves hébreux, sous la coupe d’un Pharaon impassible, achèvent de construire une allée de sphynx. Après le départ des Hébreux, des centaines de chars égyptiens les poursuivent, filmés par plusieurs caméras, de près et de loin, et défilent devant l’écran à plusieurs reprises, soulignant l’importance de l’armée de Ramsès II. Les effets spéciaux permettent enfin de donner vie au franchissement de la mer Rouge et à l’inscription des commandements de Dieu en lettres de feu.

7. Tu n’oublieras pas les personnages
La deuxième partie du film bascule dans la comédie dramatique. Le récit de la séduction de Mary oppose en effet les deux fils d’une femme bigote, l’un, pauvre charpentier, vivant dans le respect des commandements divins et l’autre, architecte véreux, vivant dans l’athéisme et n’hésitant à construire une cathédrale avec des matériaux défectueux. Par ce symbolisme appuyé, le film, scénarisé par Jeannie Mac Pherson, avec laquelle Cecil B. DeMille entretint une longue liaison, cherche à humaniser le grand récit religieux.

8. Une « french touch » tu apporteras
Pour les décors des Dix Commandements, Cecil B. DeMille fit appel à Paul Iribe (1883-1935), célèbre affichiste, illustrateur et décorateur français, qui avait tenté sa chance à Hollywood et avait été recruté par la Famous Players Lasky.
Si Moïse fut interprété par l’acteur américain Théodore Roberts (1861-1928), c’est en revanche à un Français que Cecil B. DeMille confia le rôle de Ramsès II : crédité sous le nom de Charles de Roche, l’acteur Charles de Rochefort (1887-1952), né à Port-Vendres, avait mené une carrière théâtrale et cinématographique et était revenu de la Grande guerre en héros après avoir été blessé à Verdun et fait prisonnier dans la Somme. Célèbre acteur du cinéma muet, il tourna également sous la direction de Max Linder, d’Abel Gance et de Victor Fleming.

9. Tu feras des bénéfices importants
Censés coûter 600 000 dollars, les Dix Commandements représentèrent finalement un budget de plus de 1,5 millions de dollars. Mais le film fut un succès et rapporta plusieurs fois son coût de production.

10. Tu retourneras un prologue biblique de ton film 33 ans plus tard

Cecil B. DeMille tourna plusieurs versions de certaines de ses œuvres, à l’instar de son premier film, le Mari de l’Indienne, qui fit l’objet de deux nouvelles réalisations en 1918 et en 1931. La seconde version des Dix Commandements, réalisée en 1956, fut cependant le dernier film de Cecil B. DeMille qui s’éteignit à Los Angeles en 1959.

Dans cette nouvelle mouture, l’épisode biblique occupait la totalité des 222 minutes du film. Et le sens du spectacle de Cecil B. DeMille, la magie du Technicolor et l’affrontement mémorable entre Charlton Heston (Moïse) et Yul Brynner (Ramsès II) éclipsèrent dans la mémoire collective la plupart des qualités déjà présentes dans la version muette de 1923.


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