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Dietrich Bonhoeffer

par Louise
  • dimanche 13 décembre 2015
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  • Dans le DP en

Dietrich Bonhoeffer est une figure du protestantisme allemand. Pasteur luthérien, grand théologien et écrivain, il est surtout passé à la postérité en tant qu’opposant au nazisme, impliqué dans le complot contre Hitler et mort exécuté au camp de concentration de Flossenbürg en 1945.

Ordonné pasteur 2 ans avant l’avènement d’Hitler au pouvoir, il dénonce dès le 1er février 1933 dans une allocution à la radio la prétention de souveraineté totale du Führer – l’émission est très vite interrompue. Il récidive quelques mois plus tard en publiant un article contre l’antisémitisme d’État, et participe bientôt à l’organisation de l’Église confessante, qui sera rapidement déclarée illégale.

À travers cette "ligue de détresse", il entend avec un groupe de pasteurs (ils seront 7000 en 1934) protéger le protestantisme de toute contamination par l’idéologie national-socialiste, idéologie dont est nettement marquée l’Église du Reich que l’État veut les obliger à rejoindre. Ils protestent ainsi, notamment, contre l’introduction de la notion d’aryanité et l’exclusion des pasteurs d’origine juive ou mariés à une juive, ce qui constitue à ses eux un point de non-retour.

En 1934, Dietrich Bonhoeffer incite dans le même esprit les Églises allemandes de Londres à se détacher du gouvernement des Églises du Reich. 

À travers ses prêches ou lors de rencontres œcuméniques, il développe une pensée humaniste et pacifiste, en alertant ses contemporains des menaces de guerre sous-jacentes à la politique d’Hitler. Mais il appelle aussi clairement les croyants à la résistance et les incite à aider leis Juifs à fuir l’Allemagne, au nom du "devoir inconditionnel de l’Église envers les victimes de tous les systèmes sociaux, même s’ils n’appartiennent pas à la communauté des chrétiens".

Logiquement, ses prises de position ne tardent pas à entraîner la réaction du régime. Privé en 1935 du droit de publier, d’enseigner et de prêcher, il continue cependant d’animer clandestinement son séminaire à Finkenwalde, et poursuivra illégalement ses activités dans les environs de Koszalin après 1937.

Grâce à ses relations étroites avec Wilhelm Canaris, alors chef du service de renseignements de l’état-major, Bonhoeffer peut toutefois encore voyager et nouer des contacts en Allemagne et à l’étranger. C’est ainsi qu’il transmet aux Britanniques, lors d’un voyage à Stockholm, des preuves de l’extermination des Juifs par les nazis. Il cherche aussi à obtenir du soutien pour le groupe de conspirateurs ayant fait le projet d’éliminer Hitler. Ses appels à l’aide, malheureusement, resteront lettre morte, et Bonhoefferr est arrêté en 1943 sous l’inculpation d’"affaiblissement du potentiel de guerre de l’Allemagne".

L’échec de l’attentat contre Hitler le 20 juillet 1944 va précipiter sa perte. D’abord transféré dans les geôles de la Gestapo, il est ensuite déporté à Buchenwald, puis le 9 avril 1945, condamné à être pendu dans le camp de concentration de Flossenbürg, en compagnie des autres conjurés Canaris et Oster. 

Cet extraordinaire parcours a naturellement nourri la théologie de Dietrich Bonhoeffer, et réciproquement. Évoluant peu à peu vers une foi personnelle, il a développé une "interprétation non religieuse des concepts bibliques", plaidant en faveur d’une Église "responsable", où le chrétien doit résoudre par lui-même ses problèmes.

Les lettres qu’il écrit pendant sa captivité (publiées sous le titre Résistance et soumission) témoignent de ses interrogations de théologien face à un " monde sans Dieu". Au contact de résistants, " ses frères en servitude " qui se passent de Dieu tout en restant humains jusqu’au bout, il cesse de se définir lui-même comme "pieux" pour se revendiquer "un homme de la réalité ".

Ainsi, son protestantisme peut s’adresser à tous ceux qui se sont éloignés des religions historiques et institutionnelles. Son engagement œcuménique, initié dès 1931 lors d’un séjour à New York où il découvre la détresse des populations noires de Harlem, va dans le même sens.

Aujourd’hui, si l’on ne peut que saluer la lucidité et le courage de Dietrich Bonhoeffer, on peut aussi s’interroger sur le fait qu’une telle attitude ait été largement minoritaire dans l’Église, comme on peut regretter qu’il ait fallu attendre une décennie pour que l’héroïsme des conjurés du 20 juillet 1944 soit reconnu par les autorités.


Article Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dietr...


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