Calendrier de l'avent du domaine public - 2014/2015

Qui s’élèvera dans le domaine public en 2018 ?
Chaque jour de décembre, découvrons le nom d’un auteur dont les œuvres entreront dans le domaine public le 1er janvier 2018.

À propos
↧↧

Accueil > Entrants 2018 > Charles-Ferdinand Ramuz

Charles-Ferdinand Ramuz

  • mardi 5 décembre 2017
  • /
  • Dans le DP en 2018

Question transport du parlé en écrit, il ne faut pas oublier Ramuz, Barbusse du feu, et un peu Vallès et Bruant. (Louis-Ferdinand Céline, 1949)

Charles Ferdinand Ramuz est né à Lausanne (Suisse) le 24 septembre 1878 et mort à Pully (Suisse) le 23 mai 1947. À 18 ans il se destine à être écrivain (lettre à sa mère du 23 décembre 1896). [1]
Ramuz vient en France, en 1900 afin de rédiger, à la Sorbonne, une thèse sur Maurice de Guérin – qu’il n’écrira pas. Dans Paris, notes d’un Vaudois il écrit : "J’étais venu à Paris pour six mois, j’y suis resté, avec quelques absences, plus de douze ans. [2]
En 1901, sa thèse n’avançant guère, il revient en Suisse où il enseignera. Opéré d’une péritonite, il repartira en France après sa convalescence de novembre 1902 à juillet 1903. En octobre 1903 paraîtra Le petit village [3]. Cette même année il dit à Édouard Rod, qui a apprécié Le petit village, son intention de devenir écrivain et lui présente le manuscrit de son premier roman Aline [4]. Édouard Rod, en plus de persuader le père de Ramuz de l’importance de la carrière littéraire de son fils, va convaincre son éditeur Perrin & Cie de publier ce premier roman en 1905.

Mon intention n’était pas, en écrivant Aline, de "composer", au sens strict, un roman - mais plutôt d’imiter la vie, jusque dans ce qu’elle a de traînant et d’indécis. (Lettre à Edouard Rod, 1904).

De 1905 à 1914, C.F. Ramuz publie cinq romans, un recueil de nouvelles, et un grand nombre d’articles et de critiques.

Cependant, Jérôme Meizoz note que dans les années 1910-1920, les réactions à l’égard du style ramuzien en Suisse étaient souvent négatives. Pour illustrer ce phénomène, il prend l’exemple de la protestation des lecteurs de la Gazette de Lausanne en septembre 1920. Charly Guyot constate que « [l]ongtemps les Suisses français eux-mêmes ont méconnu l’importance de Ramuz. Longtemps, il se heurta à l’incompréhension ; il dut subir le dédain des gens en place et les effets d’un absurde conformisme » [5].

Et pourtant, en France des écrivains tels que L.F. Céline, Claudel ou Barbusse recommandent Ramuz. Claudel et Ramuz se rencontrent, le 30 avril 1915 à Lausanne, lors d’une conférence donnée par Claudel dans le cadre des Cahiers vaudois.

Claudel et Ramuz échangèrent une correspondance entre 1918 et 1942 [6]. Dans sa lettre du 3 décembre 1936, Claudel remercie Ramuz pour sa participation au numéro d’Hommage de La N.R.F. : « Je suis si fier, en ouvrant la N.R.F., d’y trouver votre nom et votre magnifique témoignage. Il n’en est pas auquel je tienne davantage comme il n’est pas d’écrivain vivant pour qui je ressente plus d’admiration et de sympathie, et plus ancienne. » [7]

C.F. Ramuz, à travers son œuvre, pose bien des questions et son entrée dans le domaine public est une belle manière d’appréhender ses écrits.

La vie ordinaire est faite de trop de points épars ; on voit que la seule chose qui compte est qu’il y ait un point commun. [8]

Une fondation [9] et un prix littéraire [10] portent le nom de Ramuz.

Bibliographie complète sur http://www.fondation-ramuz.ch/1028-Oeuvres_de_et_sur__C_F__Ramuz
Illustration illet de banque, 200 CHF.-, Suisse, mise en circulation le 1er octobre 1997.
Photo : Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1131898


[1Histoire de la littérature en Suisse romande, éditions Zoé, 2015, p. 681

[2C.F. Ramuz, Paris, notes d’un vaudois, préface d’Etienne Barilier, éd. les Amis de Ramuz, 2000, p. 55.

[3C.F. Ramuz, Le petit village, Ch. Eggimann & Cie, Genève, 1903

[4C.F. Ramuz, Aline, Librairie Académique Didier, Perrin & Cie ; Payot & Cie, 1905

[5Kila Noémi (Kereszter-Kila Noémi), Dynamismes et structures de la perception dans l’œuvre de Charles Ferdinand Ramuz, Thèse soutenue le 29 novembre 2013, page 29.

[6Bulletin de la Société Paul Claudel, n°76, 4ème trimestre 1979

[7Paul Claudel, Catherine Mayaux, Lettres de Paul Claudel à Jean Paulhan : 1925-1954, Peter Lang, 2004.

[8C.F. Ramuz, Le Cirque, Notes de Jean-Louis Pierre, éditions Séquences, 1985, p. 34.


JPEG - 3.5 ko
Retour en haut